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Voici ce que je lis dans un article écrit par un religieux Augustin : « Dieu était au cœur de la vie de Thérèse d’Avila et elle ne se dépensait que pour lui. On peut dire qu’avec les qualités dont elle faisait preuve, c’était l’une des personnalités les plus généreuses et les plus sympathiques qui soit ». Thérèse d’Avila était une femme très humaine.

Ses œuvres en témoignent, la lecture de ses écrits le prouve. Je souhaite que l’Institution Thérésienne ait cette qualité. Le nom qu’elle porte voudrait le manifester.

Dieu était au cœur de la vie de Thérèse d’Avila. Il doit en aller de même dans la vie des membres de notre Association. Mais cette vie toute à Dieu doit en même temps se distinguer par sa grande humanité. Car ce fut le cas pour sainte Thérèse. Qui pourrait en douter ? Et c’est par cette vie qu’elle s’attira une sympathie si universelle. Comment le nier ? Cette vie toute à Dieu, pouvait-elle être autrement que généreuse ? Moi, je veux des vies qui soient véritablement humaines (...). Mais, comme je considère qu’elles ne pourront l’être que si elles sont de Dieu, je prétends que ceux qui désirent mener une vie humaine accomplie ont d’abord à s’ouvrir au don débordant de Dieu. Y aura-t-il alors surabondance de générosité ? Bien sûr. Serons-nous attirants ? Impossible d’en douter. Chercher à détruire l’humain ? Jamais. C’est une chimère. Tendre à l’accomplissement de l’humain par d’autres moyens ? Effort dérisoire. Se passer de Dieu pour l’accomplissement de son œuvre ? Illusion stupide. Ne vous semble-t-il pas que cette synthèse soit très simple, ce processus logique et son résultat infaillible ? Dieu se penche vers l’homme et l’homme tend vers Dieu. Son Fils, Dieu comme lui, est venu prendre notre humanité pour ne jamais l’abandonner, pour la mener à son accomplissement et la diviniser. L’humain a été accompli et divinisé parce qu’il a été habité par Dieu.

L’Incarnation bien comprise, la personne du Christ, sa nature et sa vie procurent, à qui le comprend, la norme sûre pour devenir saint, d’une sainteté véritable, tout en demeurant en même temps humain, d’une humanité vraie. Ainsi, nous serons généreux et l’Institution Thérésienne sera attrayante. Notre modèle ? Sainte Thérèse. A nous donc de bien la connaître, de comprendre son enseignement et d’agir en conséquence. (1916)